Anciens espaces de stationnement, formes informes progressivement apparues selon des logiques privilégiant la circulation automobile, les places de l’Académie et Kennedy sont restées longtemps de simples lieux de passages sans aménités, peinant à profiter d’un cadre bâti qui fait pourtant paysage.
Revisiter cet héritage dans sa singularité locale pour augmenter la qualité de la vie urbaine, c’est résoudre une question plus générale : comment transformer ce nœud de voiries en un espace public répondant à la fois aux exigences de tous les modes de déplacements ? Permettre l’accueil des nouveaux usages et à la volonté d’ajouter un lieu remarquable par sa puissance, son charme, et le plaisir de s’y tenir.
La nature de carrefour n’est pas incompatible avec la densité de la vie sociale. On peut considérer que l’espace libre entre les éléments patrimoniaux peut devenir lui-même un patrimoine pour l’avenir, un « espace patrimonial », comme c’est le cas pour nombre de places européennes héritées de l’histoire lointaine. Le lieu y est chaque fois un mélange indissociable des pleins et des vides, une œuvre globale. Une œuvre, car il s’agit bien de projet formel autant que fonctionnel. C’est ici une démarche à construire, visuellement, matériellement, symboliquement.