Il y avait tant d’images de Notre-Dame… celles des gravures anciennes, des photographies du XIXe siècle capturant ses silhouettes minérales, celles des peintres immortalisant son reflet dans la Seine. À travers les âges, elle s’est inscrite dans l’imaginaire collectif comme un vaisseau de pierre fendant le fleuve, un monument hors du temps, dont l’ancrage dans la ville semblait immuable. Pourtant, son parvis, ses abords, son lien avec l’espace urbain ont toujours évolué, entre densité médiévale, dégagement haussmannien et emprise automobile du XXe siècle. L’incendie a bouleversé cet équilibre, révélant la nécessité d’un nouveau dialogue entre la cathédrale et la ville.
Ce projet ambitieux repose sur la valorisation du parvis, des jardins et des quais de Seine, pour mieux intégrer Notre-Dame à son environnement tout en fluidifiant les parcours. Ainsi, le parvis retrouve sa vocation de lieu de contemplation et de rassemblement, libéré des contraintes fonctionnelles qui en entravaient la lisibilité.
Inspiré par l’histoire et la topographie des lieux, le projet favorise un dialogue renouvelé entre le minéral et le végétal. En s’appuyant sur les alignements d’arbres existants et en enrichissant la biodiversité, il transforme les abords de la cathédrale en une promenade paysagère fluide, reliant la ville à son fleuve. La reconquête des quais et la requalification des squares prolongent cette ambition, affirmant Notre-Dame comme un cœur vivant au sein d’un Paris réconcilié avec son patrimoine et ses paysages.
C’est un projet de respiration et de mise en scène, où chaque détail porte la mémoire du lieu tout en en renouvelant la lecture. Une promenade dans laquelle l’histoire et le présent s’entrelacent, où Notre-Dame redevient pleinement le cœur battant de Paris, à la croisée du fleuve et de la ville.